Négociations directes entre Belgrade et Pristina

Publié le par kosovo

USA--New-York--Central-Park--Skyline--1024x768-.jpgPremier face à face entre Serbes, et Albanais du Kosovo à New York aujourd’hui à 15h30 heure de Paris. La délégation albanaise demande l’indépendance, tandis que la délégation serbe propose une autonomie optimale.

Les chefs de la diplomatie du Groupe de contact (Etats-Unis, Russie, Allemagne, Royaume-Uni, France, Italie) ont déclaré, selon les agences, que « les négociations ont atteint une phase décisive », et que le projet d’une « indépendance supervisée » de l’ex-envoyé spécial du secrétaire générale des Nations Unies, Marti Ahtisaari, reste la base de la définition du statut.

Le Premier ministre serbe a déclaré que Belgrade est prêt à donner aux Albanais du Kosovo un statut où « une minorité aura le plus de plein pouvoir au monde ». « Nous sommes partis des droits qu’ont les minorités dans le monde et nous avons proposé une autonomie substantielle, c'est-à-dire une autonomie maximale qui va au-delà de tous les statuts connus et reconnus. » La seule chose qui ne peut être remise en question est la souveraineté de l’Etat serbe. Il affirme que si les Albanais du Kosovo acceptent cette proposition, ils seront la seule minorité au monde à avoir droit à un Etat.

Pour la délégation albanaise, l’indépendance est pratiquement acquise.

Au niveau du Groupe de contact, la position américaine par la voix de son ambassadeur à Belgrade est : « si les négociations n’aboutissent pas, nous soutiendrons l’indépendance du Kosovo ». Le Secrétaire d’Etat adjoint aux Affaires européennes et eurasienne, Daniel Fried a invité les Serbes : « à laisser leur passé derrière eux ».

La Russie confirme la nécessité de régler le problème dans le cadre du droit international. « Ces décisions doivent être approuvées par le Conseil de sécurité de l'ONU » selon son ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. Elle pense que les négociations doivent continuer si un accord n’est pas trouvé le 10 décembre.

Son homologue allemand, Franck-Walter Steinmeier a dit que la réunion d’aujourd’hui permettra de voir « s’il existe de la flexibilité du côté serbe ». Il s’oppose à la partition du Kosovo et pense qu’un changement de frontière est un facteur d’insécurité et pas de paix dans la région.

David Miliband, secrétaire d’Etat britannique des Affaires étrangères a annoncé que le plan de Marti Ahtisaari reste la base pour la détermination du statut. Il a ajouté que les questions de minorité, transfert de plein pouvoir, et clauses constitutionnelles restent ouvertes.

La France soutient la démarche américaine, cependant Bernard Kouchner a une opinion nuancée : « C’est un problème européen…Ce n’est ni une question russe ni américaine, c’est nous, l’Union européenne qui seront ceux qui décideront parce que nous serons ceux qui seront confrontés à ces problèmes à la fin de l’année ».

Le ministre des Affaires étrangères Massimo d’Alema a soumis de manière informelle un projet de confédération à la partie Serbe qui l’a rejeté. Le 10 décembre prochain la troïka russo-américano-européenne doit remettre son rapport au secrétaire générale des Nations Unies, Ban Ki Moon.

Snejana Jovanovic

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