Le jour le plus difficile

Publié le par kosovo

images-copie-10.jpgLes derniers pourparlers marquent un réel tournant dans le processus des négociations, de part et d’autre. Toutes les parties s’accordent à dire qu’à l’issue de la réunion du 22 octobre à Vienne : ça a été très difficile.

Deux points de vue s’opposent, au-delà des différences, ce sont deux approches de ce que sont des négociations et de l’objectif de ces négociations. Belgrade est en quête d’un compromis, Pristina veut l’indépendance.

Belgrade s’attache à la forme qui comme chacun le sait révèle le fond. Blic on line publie la réponse de Belgrade aux 14 points de la troïka intitulée: « les principes de Belgrade pour la poursuite des négociations au Kosovo et Metohija ». Par exemple, là où la troïka dit « Belgrade », les Serbes corrigent en disant « Serbie », un peu plus loin, au quatrième point, on retrouve la même phrase mot pour mot dans la proposition principale ce qui donne : « Il n’y aura pas de retour à la situation d’avant 1999 », jusque là tout le monde est d’accord, puis vient ce qui est difficile, virgule et : « dès lors le futur règlement de la Province doit être résolu sur la base de la résolution 1244 du Conseil de sécurité. »

Les deux ministres serbes présents lors des pourparlers sont satisfaits. « Le ton est maintenant exceptionnellement sérieux. On discute de l’implication au processus de négociations, à savoir si l'on réussit ou pas à se déplacer vers ce point, si l'on arrive à un accord minimal, pas seulement sur ce document, mais sur la direction que prend la poursuite du processus » explique le Ministre des Affaires étrangères, Vuk Jeremic.

Du côté Albanais, il semble que c’est plus la colère qui domine, selon le président du Kosovo Fatmir Sejdjiu : « Ce n’était pas une réunion facile, parce qu’il y a eu une tentative pour déplacer le processus vers une direction déraisonnable avec leur (parlant de Belgrade) infâme idée d’autonomie, traitant le Kosovo comme une province serbe, et un manque d’empressement à reconnaître l’indépendance du Kosovo » Le président parle « de tension, de réplique et même de soudaine collision verbale », il accuse les Serbes notamment de persister « à considérer le Kosovo comme une province. »

Hashim Thaçi, le chef du parti démocratique du Kosovo (PDK) a surenchéri : « Je n’ai jamais cru à un compromis avec la Serbie sur le futur du Kosovo, et je n’y crois pas même maintenant. Les relations entre le Kosovo et la Serbie doivent être spécifiques, parce que la Serbie est venue en force au Kosovo et avant qu’elle en parte, elle a commis un génocide sur le peuple Albanais » Et, il assure que l’indépendance s’accomplira après le 10 décembre.

Dans les faits, le Kosovo est une province de la Serbie avec une population majoritairement albanaise. C’est bien inscrit dans la résolution 1244. Dans les faits toujours, il n’y a pas eu de génocide au Kosovo, mais des crimes de guerre de part et d’autre. Voir l’article du Monde Diplomatique de mars 2000 : » Chroniques d’un génocide annoncé ». Les Albanais pensent pour légitime leur revendication d’indépendance, parce que c’est bien ce que leur a laissé entendre le département d’Etat américain avant la guerre du Kosovo. Mais les américains ont voté au Conseil de sécurité la résolution 1244 le 10 juin 1999. Certains disent que les Serbes détournent la logique de la loi et qu’ils en font une arme. Contre qui ? Contre quoi ? C’est bien de cela qu’il s’agit, de la loi ; de ce qui a été voté au Conseil de sécurité pour s’opposer à la force et instaurer l’état de droit au Kosovo.

Snejana Jovanovic


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