Une journaliste passée à tabac

Publié le par kosovo


Vesna Bojicic s’est fait tabasser par un homme cagoulé qui parlait parfaitement le serbe dans la nuit du 15 au 16 octobre, rapporte B92. Cette journaliste est correspondante du Kosovo pour le service en langue serbe de la radio « la voix de l’Amérique » depuis huit ans. images-copie-8.jpg

L’agression a lieu vers 2h du matin, dans son appartement. L’homme cagoulé l’a : « poussée dans le fond avec ses mains, puis ont suivi des coups sur la tête, la poitrine, l’abdomen et le dos. En même temps, arrivaient des insultes sur le compte de mon travail, et sur ce qu’il a appelé, mon attachement aux Albanais » raconte-t-elle.

« L’agresseur parle parfaitement serbe, ce qui ne veut rien dire, mais peut aussi vouloir dire beaucoup. Ces derniers temps, j’ai reçu beaucoup de menaces sur la manière dont j’informe, pour laquelle je continue à affirmer qu’elle est très professionnelle. Les menaces ont augmenté depuis le lancement de la campagne des élections locales et municipales au Kosovo. Dans mon téléphone, il y a des messages et des questions de gens du Nord qui me demandent si je sais qui se tient derrière la promotion de l’armée national albanaise et qu’est-ce que j’ai à leur proposer et à leur dire par rapport à ça » dit-elle.

La journaliste affirme ne pas avoir appelée les secours car son appel aurait immédiatement été transféré à la police, et que sur la base de plusieurs années de mauvaises expériences, elle n’a pas confiance dans la police du Kosovo, ni dans les institutions du Kosovo.

« Je cherche l’asile politique, je vais quitter le Kosovo parce que je ne pense pas devoir vivre dans un milieu où je serais une cible pour les uns comme pour les autres. Ici, avant tout, il faut démilitariser les cerveaux. Cela fait huit ans, je me suis suffisamment battue et à chaque moment j’étais prête à répondre aux besoins de cette société pour qu’elle se stabilise, mais bon ! » Dit-elle.

Selon « la voix de l’Amérique » Vesna Bojicic a dit qu’en définitive elle ne cherchera pas l’asile aux Etats-Unis et qu’en attendant son départ du Kosovo, elle continuera à travailler pour le service serbe de la radio.

Le porte-parole du Service de Police du Kosovo, Veton Eljsani, a confirmé qu’aucune plainte n’a été déposée, il a ajouté : « Nous lui conseillons d’aller au poste de police et de faire une déclaration car c’est un acte criminel. Si quelque chose de la sorte est arrivée, nous enquêterons en prenant en considération qu’elle est journaliste et que cela est, si c’est avéré, un crime grave ».


Snejana Jovanovic

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