Une conférence internationale pour le Kosovo

Publié le par kosovo

images-copie-2.jpgDepuis trois jours, la presse développe l’idée d’une conférence internationale sur le Kosovo évoquée par le médiateur européen de la troïka, Wolfgang Ischinger. Une idée démentie par un « officiel européen initié aux négociations » dont le nom reste secret, selon B92.com : « Ischinger a soumis l’idée que, sur la base d’un condensé d’élément commun des pourparlers actuels, s’organise une rencontre de deux-trois jours à la fin du processus, mais il n’a parlé d’aucune conférence internationale sur le Kosovo »

La rumeur s’est propagée à partir de l’interview du diplomate allemand en poste en Grande -Bretagne et détaché en qualité de médiateur représentant de l’Union Européenne au sein de la troïka. Le correspondant de l’UE du journal serbe « Vecernje novosti », Željko Pantelić, pose la question en ces termes : « Il se dit de plus en plus que fin novembre début décembre il pourrait y avoir une conférence internationale sur la base de « Dayton », une sorte de « Dayton 2 » au cours de laquelle les deux parties, la troïka et le Groupe de contact feraient un dernier effort pour parvenir à un accord ? »

Ischinger répond : « - Nous, la troïka, n’excluons pas d’avoir une rencontre dans le style conférence, mais je ne crois pas que ce sera avec le Groupe de contact, probablement que cette conférence se fera avec la troïka et les parties engagées. Il est certain que cette conférence ne se fera pas à Dayton, car nous estimons que le Kosovo est un problème européen et que, s’il nous faut un style conférence pour les pourparlers, alors nous pouvons trouver un endroit en Europe. Nous n’excluons pas cette éventualité, mais cela aura du sens seulement si à la moitié voire fin novembre, nous avons suffisamment de matière à négocier. »

Dayton est une ville proche de la base aérienne de Wright-Patterson où ont eu lieu, en novembre 2005, sous l’administration Clinton, les négociations avec notamment les tristement célèbres Milosevic, Tudjmann, Izetbegovic, pour la partition de la Bosnie-Herzégovine entre deux entités : la fédération de Bosnie-Herzégovine (croato-musulmane) et la Republika Srpska (serbe) ainsi que le déploiement d’une force de paix multinationale. Les accords signés à Paris ont conservé le titre « de Dayton ».

Tous les protagonistes et analystes serbes ont aussitôt réagi en tirant la sonnette d’alarme causée par la crainte d’assister à un nouveau « Rambouillet » où selon Olivier Corten et Barbara Delcourt, chercheurs en droit international : « les conférences de Rambouillet et de Paris débouchent sur une impasse, les autorités yougoslaves refusant d’accepter sans réserve le plan accepté par la communauté albanaise et préparé par les Occidentaux ». Suite à l’échec de ces négociations, l’OTAN bombarda la Serbie alors dirigée d’une main de fer par le dictateur S. Milosevic. Le président Serbe Boris Tadic en visite dans une base militaire près de Medvedja a précisé que tout reste envisageable tant que cela reste dans le cadre des Nations Unies.

La délégation albanaise invitée par le Foreign Office, aujourd’hui, a au cours d’une conférence dès sa descente de l’avion déclaré : « nous n'excluons pas, mais sans l’accueillir à bras ouvert, l’idée d’une conférence internationale du type Dayton. » Toutefois, le président du Kosovo Fatmir Sejdju a précisé qu’il n’était pas officiellement informé de cette proposition et que jusqu’à présent, cette idée n’est pas très claire.

Snejana Jovanovic

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