L'Unity Team propose un "Traité d'amitié" à la Serbie

Publié le par seriously (oui, je sais c'est pas drôle)

A Londres, d'après Reuters, le président et le Premier ministre Kosovars albanais ont proposé avant l’ouverture des débats avec la troïka « un projet de traité d'amitié avec la Serbie, entre deux pays souverains" en insistant au préalable que la Serbie devait se résigner à la perte de cette province et se concentrer sur ses relations avec l'Union européenne. Agim Ceku, le Premier ministre Kosovar albanais a, aussi, précisé: "L'indépendance n'est pas au menu, c'est un fait".

On peut lire dans un article intitulé « Relations Kosovo-Serbie : « amitié », mais après l’indépendance » traduit par Mariama Cottrant sur le site du courrier des Balkans : « Le poste de Merdare, entre Kosovo et Serbie : bientôt la frontière entre deux États « amis » ?[…] Ceci détendra nos relations et développera de bons liens amicaux entre deux pays souverains », a déclaré le Président du Kosovo Fatmir Sejdu dans une conférence de presse, à la suite d’une réunion de la délégation de Pristina en charge des discussions avec Belgrade sur le futur de la province. »

Qu’est-ce qu’un traité d’amitié ? Ou, plutôt, commençons par nous interroger sur ce qu’est un traité tout court. Cela relève du droit international. La définition du Petit Robert dit : « Acte juridique par lequel des gouvernements d’Etats compétents établissent des règles ou des décisions. » En ce qui concerne le « traité d’amitié », il est établi dans le cadre de relations bilatérales.

A titre d’exemple, prenons les efforts engagés vers le projet de traité d’amitié franco-algérien initié lors de la première visite d’Etat d’un président français depuis l’indépendance algérienne en 1962, du 1er au 3 mars 2003. On note que pratiquement quarante années se sont écoulées entre ces deux moments.

Sur le site des archives du Président Jacques Chirac, il est précisé : « Evoqué par la Déclaration d’Alger, et véritablement lancé lors de la rencontre des deux chefs d’Etat à Alger en avril 2004, le projet de Traité d’amitié franco-algérien entendait alors former un cadre juridique et symbolique d’ensemble du partenariat d’exception, en instaurant notamment des mécanismes de concertation régulière au niveau politique. Après plusieurs mois de polémique franco-algérienne sur les questions de mémoire liées à la période coloniale, la signature du Traité d’amitié a été reportée sine die, les autorités algériennes continuant à marquer ponctuellement leur intérêt pour le principe d’un document cadre de la relation bilatérale. »

Le traité d’amitié franco-algérien n’existe donc toujours pas notamment à cause de « la loi française du 23 février 2005, dont un article vante les mérites du colonialisme, a retardé le processus. L'autre point d'achoppement concerne la question des harkis. » Selon Florence Beaugé, journaliste au Monde.

Néanmoins, parmi d’autres, il existe un exemple réussi de traité d’amitié, c’est le Traité dit de « l’Elysée » car signé au Palais, à Paris, le 22 janvier 1963 qui consacrait la réconciliation entre la France et l’Allemagne.

Snejana Jovanovic

 

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