Deuxième round de négociations à Londres.

Publié le par Snejana Jovanovic

Royaume-Uni-06-Tower-Bridge----Londres--Royaume-Uni.jpgA l’issue de la deuxième séance de négociations sur le statut de la province serbe du Kosovo qui a eu lieu à Londres hier, le ministre des affaires étrangères de Serbie, Vuk Jeremic a déclaré selon B92.com que le thème principal des pourparlers avec la troïka a été l’organisation des négociations directes entre les deux parties prévues à New York fin septembre en marge de l'Assemblée générale des Nations unies.

A cette réunion ont participé, pour la partie serbe le ministre des affaires étrangères et le ministre du Kosovo-Metohija Slobodan Samardzic, aujourd’hui c’est au tour de la partie albanophone d’être entendu ; le président du Kosovo Fatmir Sejdiu et son Premier ministre Agim Ceku (ancien chef de la rébellion indépendantiste, UCK) se sont déplacés.

A la veille du début de la rencontre Agim Ceku a dit à Pristina: « Nous ne sommes pas disposés à un quelconque ajournement de la décision, nous demandons que la décision soit prise. Si la communauté internationale hésite à se déterminer, nous le ferons malgré tous les risques que cela comporte. Nous devons faire aboutir le processus entamé par Ahtisaari et notre objectif est d’y arriver d’ici la fin de l’année ».

Le ministre du Kosovo-Metohija, a annoncé qu’il a soumis à la troïka cinq thèmes pour le face à face entre Belgrade et Pristina le 28 septembre prochain qui sont : arrivé à un accord sur le statut futur du Kosovo qui contiendrait une autonomie substantielle dans le cadre de la Serbie, le partage des compétences entre la Serbie et le Kosovo, des questions d’ordre économique ; les rapports qu’entretiendraient le Kosovo avec les organisations financières internationales et les initiatives régionales, enfin le dernier point est le maintien de la présence internationale sous la direction des Nations Unies à travers un engagement civil et militaire.

Le représentant de l’Union européenne au sein de la troïka mis en place par le Groupe de contact sur le Kosovo, Wolfgang Ischinger a indiqué au cours d’une interview donné au quotidien autrichien « Die presse » qu’il était temps de s’éloigner des « labels » dans le but d’atteindre une solution « réaliste ». Au sujet d’une éventuelle proclamation unilatérale d’indépendance, W. Ischinger a précisé : « Le label ne veut rien dire. Où vont-ils aller chercher des revenus ? Ils vont continuer de recevoir des fonds d’une aide étrangère. »

Concernant une « indépendance supervisée », le diplomate allemand a répondu : « Je dirais que nous essayons d’arriver à une solution avec un statut international supervisé. Je ne parlerais pas d’indépendance. Je préfère parler d’un statut fortement supervisé »

Selon Reuters, le ministre serbe des Affaires étrangères convié à une rencontre à l’Institut Britannique Chatham House quelques heures avant le début des négociations a déclaré à l’auditoire : « Quand une Serbie démocratique vous dit qu'imposer une solution maximaliste, une solution qui satisfait une seule partie, est une menace mortelle pour notre démocratie, nous espérons être entendus » Il a assuré que dans une telle hypothèse, le gouvernement de coalition perdrait sa légitimité et le pays régresserait dans l'isolement.

Aujourd’hui la troïka consulte l’équipe de Pristina, puis avec le Groupe de contact, elle devrait évaluer les avancées de ces deux jours de négociations.

Snejana Jovanovic

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